Définition Anxiété anticipatoire Conduites d’évitement Évolution Difficultés diagnostiques Comorbidités (1) Comorbidités (2) Diagnostics différentiels


Définition

Diagnostic trouble panique

Il est défini par la répétition des attaques de panique (au moins 4 en 4 semaines) dont au moins certaines d’entre elles surviennent de façon inattendue.

Ce caractère inattendu fait référence au fait que ces attaques de panique ne sont pas directement déclenchées par l’exposition à des objets ou situations redoutés bien identifiés comme dans le cas des phobies, ni ne sont secondaires à des affections médicales ou à l’usage de substances psychoactives comme l’alcool.

La fréquence et l’intensité des attaques de panique peuvent varier considérablement d’un individu à l’autre. On dit en moyenne que les patients consultent lorsqu’ils souffrent de une à deux attaques de panique par semaine.

 


Anxiété anticipatoire

Dans le cas du trouble panique, les attaques de panique constituent une expérience très pénible et laissent une véritable empreinte traumatique : la personne qui en a été victime y repense constamment et vit dans la peur que d’autres attaques ne viennent à tout moment.

On parle alors d’anxiété anticipatoire, correspondant à la crainte de souffrir à nouveau d’une telle crise.

 


Conduites d’évitementConduites d’évitement

Le trouble panique à un retentissement concret sur le fonctionnement des malades. On voit ainsi des patients réorganiser leur vie autour de la peur de vivre une nouvelle attaque de panique, de la recherche de stratégies susceptibles de diminuer le risque de leur survenue ou ses conséquences.

Ainsi se mettent en place de véritables conduites d’évitement.

 


Évolution

Le trouble panique évolue le plus souvent sur un mode chronique.

Non traité, il connaît une évolution souvent fluctuante avec des phases de rémission spontanée qui contrastent avec des poussées qui peuvent s’étaler sur des mois ou des années.

 


Difficultés diagnostiques

L’attaque de panique en raison de la présence au premier plan de symptômes physiques pose fréquemment des problèmes de diagnostic différentiel avec différents types de pathologies organiques.

La plupart des patients souffrant d’un trouble panique consultent en premier lieu un généraliste ou des spécialistes de diverses disciplines, notamment des cardiologues et ont un parcours plus ou moins long fait d’appels aux dispositifs d’urgence médicale et d’investigations complémentaires, avant que ne soit retenu un diagnostic de trouble panique ou qu’ait lieu une orientation vers des soins psychiatriques.

 


Comorbidités (1)

Plus encore que les autres troubles mentaux, le trouble panique se caractérise également par une fréquente comorbidité avec des pathologies organiques.

Selon les cas, la pathologie organique précède ou précipite l’installation du trouble panique.
A contrario, le trouble panique, par la demande de soins et les investigations qu’il déclenche, peut révéler une affection organique.

 


Comorbidités (2)

Les pathologies somatiques associées au trouble panique peuvent être :

  1. cardio-vasculaires (prolapsus de la valve mitrale, troubles du rythme cardiaque, hypertension
  2. artérielle et phéochromocytome...),
  3. pulmonaires (asthme, bronchopathies chroniques obstructives),
  4. endocriniennes (hypoglycémie/diabète, hyperthyroïdie…),
  5. neurologique (épilepsie, vertiges…),
  6. digestives (ulcère gastroduodénal).

Certaines associations sont fortuites, d’autres semblent correspondre à une réalité épidémiologique, comme le prolapsus de la valve mitrale, l’hypertension, l’asthme, l’épilepsie temporale, l’ulcère duodénal ou la migraine.

Cependant, il apparaît tout de même que la majorité des troubles paniques survient sur un terrain somatique sain et justifie de rassurer les patients qui redoutent tout particulièrement d’être atteints d’une pathologie organique non encore détectée.

 


Diagnostics différentiels

Ils sont les mêmes que pour le trouble anxieux généralisé, à savoir :

  1. les situations de peur ou d’anxiété normale ;
  2. les manifestations anxieuses induites par une substance : cocaïne, amphétamines, cannabis, ou lors d’un sevrage alcoolique ;
  3. les manifestations anxieuses dues à une affection médicale ;
  4. les autres troubles anxieux ;
  5. les troubles anxieux dus à d’autres pathologies psychiatriques comme la dépression, la schizophrénie…