Comportements et émotions : des régulations différentes entre hommes et femmes

Mar 6, 2017 par

cerveau differences homme femme

Le cerveau permet de contrôler de nombreuses fonctions de l’organisme : physiques, cognitives, émotionnelles, etc. Ces différentes fonctions sont alors régulées par un ensemble de mécanismes biochimiques, se produisant au niveau du cortex cérébral. Des zones, bien identifiées de celui-ci, contrôlent donc toutes ces actions.

Le cerveau : explications

lobes cerveau
Il se décompose en plusieurs parties : les lobes ayant chacun, un rôle spécifique dans cette régulation :

    • Le lobe temporal, pour la régulation de l’odorat, de l’audition et de la mémoire ;
    • Le lobe frontal, pour la régulation de la parole, de la coordination, des raisonnements et de la conceptualisation ;
    • Le lobe pariétal, pour la régulation du toucher et de la vision ;
    • Le lobe occipital, pour la régulation de la vision et de l’identification et la conceptualisation.

Par ailleurs, ce contrôle fonctionnel et cette régulation par le cortex cérébral, sembleraient être différents entre hommes et femmes

Régulation de l’agressivité et de la dominance, différence entre hommes et femmes…

Une récente étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, a permis de mettre en évidence que la régulation du cerveau présenterait des différences entre les hommes et les femmes.

C’est dans ce contexte, qu’une équipe de chercheurs, dirigée par le Dr. E.Albers, directeur du Centre des Neurosciences du comportement et le Pr. Regent, de l’Université de l’Etat de Géorgie, aux Etats-Unis, s’est intéressée à ce phénomène.

Ces recherches ont permis de mettre en évidence que l’action de la sérotonine (5-HT) et de l’argininevasopressine (AVP) était différente chez les hommes et chez les femmes. Cette différence d’action aurait alors un impact sur le comportement agressif et dominant. De plus, ces deux traits de caractère seraient directement liés à la capacité à résister aux situations de stress et à la capacité de mise en place de stratégies de contrôle des émotions.

A savoir ! La sérotonine et l’arginine-vasopressine sont des substances (des neurotransmetteurs), permettant la transmission d’un influx nerveux entre le cerveau et les muscles.

Ces résultats permettraient alors de développer certains traitements, spécifiques au genre, dans le cadre de situations de stress chronique ou encore de troubles neuropsychiatriques (angoisse, troubles de la parole, stress post-traumatique, etc.).

Les auteurs de l’étude soulignent que ces constats représentent un pas de plus dans la compréhension des mécanismes d’action neurochimiques et de leur lien avec les relations sociales, différentes entre les hommes et les femmes.

Les différences de genre, dans le risque de développement de certaines pathologies psychiatriques sont bien connues. Par exemple, les femmes sont plus assujetties au risque de dépression, d’anxiété et de troubles du stress post-traumatique. A contrario, les hommes sont plus concernés par le risque autistique et par le développement de troubles de l’attention. Bien que tout cela soit bien connu, peu d’études traitent de la compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans ces phénomènes psychiatriques.

De plus, les connaissances, concernant les différences entre les sexes et l’efficacité des traitements relatifs à ces troubles psychiatriques, restent limitées. De ce fait, ceux actuellement disponibles sur le marché, sont similaires pour les hommes comme pour les femmes.

Des hypothèses validées…

Cette étude américaine, réalisée sur des hamsters, s’est appuyée sur l’hypothèse que la sérotonine était facteur de promotion, et que l’arginine-vasopressine, était facteur de limitation, voire d’inactivation, d’un comportement agressif et dominant chez la femme. Pour les hommes, l’hypothèse était alors inversée (la sérotonine étant inhibitrice et l’arginine-vasopressine, promoteur).

Les données scientifiques ont alors confirmé ces hypothèses, l’action de la sérotonine et de l’arginine-vasopressine, est opposée entre hommes et femmes.

Enfin, cette même étude a mis en évidence que l’administration d’un inhibiteur de la réabsorption de la sérotonine, largement utilisé dans le traitement de certains troubles psychiatriques, augmentait l’agressivité des femmes et diminuait ce même comportement, chez les hommes.

De ce fait, le traitement du stress post-traumatique pourrait alors se voir plus ciblé et plus efficace, au travers de médicaments, ciblant la sérotonine chez la femme et l’arginine-vasopressine, chez les hommes.

Ces constats scientifiques ont alors permis de déterminer l’existence d’une différence, dans la régulation de certaines émotions, entre hommes et femmes. Mais également, de mieux comprendre l’action de neurotransmetteurs impliqués, et ainsi, de développer des médicaments plus ciblés.

Delphine W., Ergonome spécialisée en Santé au Travail


Sources :
Brain regulates social behavior differently in males and females, study reveals, Albers E. and al., ScienceDaily. 31 Octobre 2016.

Delphine W.

Étudiante ergonome spécialisée en santé au travail.

Spécialiste dans la santé, le bien-être et l’adaptation de l’environnement de travail à l’Homme.

Passionnée par le sport, intéressée par la cuisine et captivée par l’écriture.

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